À seulement 18 ans, Annaëlle Keutiens poursuit son ascension dans le basket féminin belge. Passée par Blégny, Herve-Battice, le Centre de Formation de l’AWBB, les Panthers de Liège et le CEP Ladies Charleroi, la jeune joueuse de Soumagne s’apprête à relever un nouveau défi avec Spirou Pont-de-Loup. Retour sur un parcours déjà riche en expériences et en apprentissages.
C’est dès l’âge de cinq ans qu’Annaëlle Keutiens a suivi l’exemple de sa sœur en débutant le basket. Très rapidement, elle a accroché à cette discipline qui continue aujourd’hui de la passionner. « C’est un sport très collectif avec plein de talents individuels. Il faut pouvoir mettre la force des individualités au service du collectif », explique cette meneuse de formation décalée à l’aile. « C’est un poste qui me convient. »
Après avoir effectué ses premiers pas à Blégny, Annaëlle rejoint Herve-Battice. À l’adolescence, elle décide ensuite de quitter son cocon familial pour intégrer le Centre de Formation de l’AWBB à Jambes. « Je ne connaissais personne, je n’avais aucun repère mais je me suis très vite adaptée aux filles et à l’environnement », se rappelle-t-elle. « J’ai beaucoup évolué en affrontant des filles plus âgées, en enchaînant les entraînements individuels et collectifs, en affinant ma technique individuelle et en consacrant tout mon temps libre au basket. » Une expérience fondatrice pour la jeune joueuse. « Je remercie tellement mes parents pour tout ce qu’ils font pour moi. Cela n’a pas dû être facile de laisser partir leur fille si jeune mais ils veulent toujours le meilleur pour moi. »
Durant trois saisons, elle porte également le maillot des Panthers de Liège, une étape importante dans sa progression. « J’y ai découvert le haut niveau », se souvient la jeune basketteuse ambidextre. « Je ne m’attendais pas à rejoindre la D1 si vite. J’ai beaucoup progressé grâce à la confiance du coach et en me frottant à plus fortes. »
Lors de la dernière intersaison, Annaëlle choisit de rejoindre le CEP Ladies Charleroi afin de poursuivre son développement au plus haut niveau national. « J’avais besoin de continuer à jouer, de toucher pleinement à la D1 », explique-t-elle. « C’était un tremplin pour moi, une opportunité de montrer ce dont je suis capable. »

À seulement 18 ans, elle boucle l’exercice avec des statistiques intéressantes : 9,1 points, 3,2 rebonds et 1,2 passe décisive par match. « Plus j’évolue et plus j’affectionne la défense », glisse-t-elle. « Mon action favorite, c’est justement de sortir une bonne défense quand le match est serré pour récupérer le ballon. »
Collectivement, la saison des Carolos fut plus compliquée avec trois victoires en vingt-deux rencontres et une avant-dernière place au classement. « Nous avons rencontré beaucoup de difficultés, notamment avec plusieurs joueuses blessées alors que nous avions un effectif très jeune. Mais nous n’avons rien lâché, nous sommes restées soudées et avons quand même gagné trois matchs », détaille Annaëlle. Une expérience qui lui a permis de franchir un cap. « Les conditions m’ont poussée à me libérer sur le terrain, à moins douter. J’ai pris confiance en moi et j’ai essayé de tout donner pour l’équipe. Je suis très fière de moi. »
La saison 2026-2027 marquera une nouvelle étape dans son parcours. La jeune joueuse originaire de Soumagne restera dans le Hainaut après avoir signé un contrat 1+1 avec Spirou Pont-de-Loup. « J’ai pris très vite mon indépendance, je suis devenue très vite autonome », rappelle celle qui partagera un appartement avec six coéquipières. « Nous aurons une équipe jeune avec une étrangère qui visera une bonne place au classement et tentera d’aller le plus loin possible en Coupe la première année avant de viser le haut du classement. »
Parmi les nombreux souvenirs qui jalonnent déjà son parcours, certains occupent une place particulière. « Je me rappelle parfaitement mes premiers points en D1 avec les Panthers », sourit-elle. « Le coach m’avait appelée pour jouer contre Lummen. Je suis montée au jeu dans les deux dernières minutes. Arrivée en contre-attaque, j’ai feinté de prendre l’écran pour passer à l’opposé et déposer un lay-up toute seule. »
Porter le maillot de l’équipe nationale U16 reste également un moment inoubliable. « C’était un rêve de représenter la Belgique et cela a impacté ma vie de petite fille », confirme Annaëlle, pour qui porter un jour le maillot des Belgian Cats demeure un « grand rêve ». « Je garde espoir. »
Les pieds sur terre mais la tête remplie d’ambitions, Annaëlle continue de construire son avenir avec détermination. « J’espère un jour être pro à 100 % », confie celle qui poursuit une licence pluridisciplinaire pour sportifs de haut niveau, entièrement à distance, à l’Université Polytechnique Hauts-de-France. « J’espère, dans l’avenir, partir à l’étranger, aller vers la France, pour continuer à évoluer. »
À seulement 18 ans, Annaëlle a déjà démontré sa capacité à s’adapter, à progresser et à saisir les opportunités qui se présentent à elle. Autant d’atouts qui pourraient lui permettre de poursuivre son ascension dans les années à venir et de se rapprocher un peu plus encore des objectifs qu’elle s’est fixés.
Crédits photos : avec l’aimable autorisation d’Annaëlle Keutiens et FIBA

