Jeremy Lin, des Finals paradoxales

Pour Jeremy Lin, ces Finals furent paradoxales. Le meneur des Raptors n’a pratiquement pas foulé le parquet mais termine avec une bague au doigt. La suite logique d’une carrière hautement atypique?

Pour Jeremy Lin, ces Finals se sont résumées à 51 secondes de jeu dans le game 3 et le reste observé depuis le banc. De quoi subir quelques quolibets sur les réseaux sociaux et le pousser à s’interroger sur son propre mérite. «  Honnêtement, il y a des moments où je devais me persuader que je méritais ce titre NBA » a-t-il confié dans le Podcast Off The Pill animé par son ami Ryan Higa. « En tant que compétiteur qui a joué toute sa vie, je ne suis pas habitué à ne pas jouer, donc je me disais parfois : « C’est dur, est-ce que je le mérite vraiment ? ». Alors j’ai pensé à toute cette aventure et je me dis clairement que oui. J’ai contribué à l’équipe, j’ai joué 23 matchs de saison régulière. J’ai joué contre ces gars chaque jour, que ce soit à l’entraînement ou quoi que ce soit, même à regarder les matchs, parler aux joueurs, donner mon avis, être une voix dans le vestiaire. »

Le meneur des Raptors pousse plus loin l’analyse. « Il y a le coach et les assistants-coaches. Ont-ils fait quelque chose ? Ils ne parlaient pas pendant les temps morts, n’annonçaient pas les systèmes, n’échangeaient pas avec les arbitres. Mais chacun a son rôle. Il peut se passer tellement de choses. C’est pour ça que je pense que c’est important d’avoir un vestiaire sein, avec la présence de vétérans, de joueurs qui peuvent dire les choses au bon moment pour aider l’équipe » continue Lin qui savoure tout de même ce sacre. « Plus j’y pense, plus je me dis que je le mérite. Je devrais en profiter à fond. Je ne vais pas me priver de fêter ça ou laisser quelqu’un m’enlever ce bonheur. Je sais à quel point j’ai travaillé dur, la façon avec laquelle je me suis préparé, que j’ai encouragé mes coéquipiers, et essayé de leur donner des conseils (…). Je sais que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour être prêt et être le meilleur joueur possible. »

Peu de joueurs ont une carrière aussi atypique que le premier américain d’origine taiwainaise à évoluer en NBA. Après des études à Harvard, Lin, non-drafté, débute aux Warriors avant d’exploser sous le maillot des Knicks. La fameuse « Linsanity »! Lin évoluera ensuite aux Rockets, Lakers, Hornets, Nets et Hawks, en qualité de titulaire ou de « super-remplaçant » avant d’atterrir à Toronto où son temps de jeu s’est considérablement réduit mais où le spectaculaire combo-guard a remporté une bague.