Caramba, encore raté!

 

Lors de la réception du Basic Fit Brussels, Liège devait l’emporter face à un adversaire gonflé à bloc. La rencontre comme si vous y étiez, c’est par ici. Reportage au Country Hall pour un mercredi soir à suspense.

 

Alors que nous arrivons aux abord du Country Hall, le parking est bien moins rempli que lors de la réception de Charleroi. Ceci dit, nous remarquons avec amusement qu’une camionnette de l’ULB a tout de même fait le déplacement. Nous discutons un moment avec Gérald Henkin dans le fan shop du club, les casquettes aux couleurs liégeoises nous font de l’oeil. Mais il est déjà temps de rejoindre nos places car la rencontre ne va pas tarder à débuter. Les travées du Country Hall sont clairsemées pour ce match en semaine, un phénomène classique que connait aussi Ostende pour ses rencontres de Coupe d’Europe.

Première observation, Guy Muya est en civil. Pour revoir l’ancien Pépin en action, c’est raté. Par contre, Lionel Bosco est dans le cinq de départ. A Liège, Terry Deroover remplace Tyler Larson à la distribution, Milos Bojovic et Louis Hazard prennent place dans les ailes tandis que Darnell Harris et Carl Montgomery complètent le starting five. Les joueurs pénètrent sur le terrain, on perçoit la motivation. Deux Liégeois font partie du trio arbitral. De bonne augure pour la suite?

 

 

Dix minutes offensives

 

Bojovic inscrit d’entrée de jeu un panier imité par Simmons. Darnell Harris enfile un triple, mais Jeremy Simmons réplique par un lay-up. Carl Montgomery obtient deux lancers-francs, qu’il inscrit. Mais Simmons, encore lui, chope un rebond offensif et score. C’est 6 partout, le match démarre sur des chapeaux de roue. Simmons est décidément en verve! L’ailier américain plante à trois points, déjà neuf points pour lui. Mike Smith, l’ancien pensionnaire du Country Hall marque sur une pénétration musclée, c’est 6 à 11 après trois minutes et trente secondes de jeu. Darnell Harris rentre un gros tir pour réduire l’écart, pendant que Massot donne ses consignes à Cebasek qui attend sur la chaise des remplaçants. Il entre au jeu à la place de Terry et se fait encourager par le banc. A peine rentré, Jacob Cebasek tente un alley-oop pour Montgomery (tiens, tiens, Carl aurait pu jouer pour le Basic Fit avec un nom pareil) mais la tentative n’est guère concluante.

Sur l’attaque suivante, Bojovic hurle pour avoir le ballon. Il le reçoit et profite de son match-up pour poster Lionel Bosco et obtenir le panier plus la faute sur un superbe reverse. C’est 11 à 13 et François Lhoest monte au jeu en lieu et place de Montgomery. Simmons se fait contrer par le cercle alors qu’il monte au lay-up, Bojovic sert Cebasek qui enquille from downtown, Liège passe devant. C’est 14-13. Bojovic intercepte la balle mais se fait siffler une faute offensive, le banc liégeois se lève d’un bond pour rouspéter.

Le héros de dimanche dernier, Domien Loubry rentre sur le terrain, Terry y remonte. Harrell marque après un joli step-back, c’est 14 à 15 après six minutes. Bojovic perd la balle, Bruxelles marque mais le meilleur scoreur du championnat se rattrape à 6,75 mètres. 17 partout. Les arbitres sanctionnent Milos alors que l’ont pouvait raisonnablement siffler « offensive » à Lichodzijewski. Louis Hazard joue intelligemment son match-up et poste Loubry pour redonner deux points d’avance à Liège mais le meneur bruxellois lui répond l’action suivante. Terry Deroover score en pénétration alors que Sacha Massot semble particulièrement énervé et renverse même une chaise (à cause du shoot précédent, trop rapide, de Cebasek?).

Ce diable de Loubry obtient un panier plus faute et le Basic Fit repasse devant mais notre meneur bruxellois, Terry, score à distance après exécution d’un bon système. Peterson, le pivot américain des visiteurs inscrit deux lancers-francs et c’est de nouveau égalité, 24 partout. Hazard est contraint de prendre un tir casse-croûte à la fin des vingt-quatre secondes et une mauvaise défense permet à Depuydt d’inscrire un triple. Terry provoque la faute et convertit ses deux lancers. Il cède sa place à Harris pour les onze dernières secondes. Liège réalise une bonne défense, c’est 26 à 27 à la fin des dix premières minutes.

 

 

Montgomery fait le show

 

Les danseuses ont fait le show mais l’ambiance dans la salle a bien du mal à décoller malgré un match offensif -comme souvent pour Liège- et plaisant. Terry, Hazard, Cebasek, François Lhoest et Montgomery démarrent le deuxième quart-temps. A l’issue d’un nouveau bon système, Terry plante from downtown. Lio Bosco rate son premier shoot de la partie et se mange ensuite un gros écran. Terry, encore lui, inscrit un énorme trois points après step-back. C’est 32 à 27 et Laurent Monnier est obligé de prendre temps-mort pour stopper la furia liégeoise. Lors de ce celui-ci, Laurent Costantiello semble surtout corriger les attitudes défensives de ses gars.

L’interruption a fait du bien aux Bruxellois. De mauvaises rotations liégeoises suite à la bonne circulation de balle de leurs opposants permettent à Mike Smith de prendre un tir dans un fauteuil. C’est 32 à 30. François Lhoest, en deux fois, redonne quatre points d’avance à Liège mais Depuydt, opportuniste, réduit l’écart. Bojovic donne ses consignes à Harris en rentrant au jeu avec l’ancien Carolo. Milos tombe sur un cross de Mike Smith et c’est de nouveau égalité, 34 partout. L’entraineur du Brussels a du mal à se faire entendre, contrairement au kop bruxellois, particulièrement bruyant.

Louis Hazard travaille bien en post-up et obtient deux lancers, qu’il convertit. Les visiteurs font bien vivre la balle mais le tir de Depuydt échoue sur le cercle. Liège rate aussi et joue ensuite parfaitement en défense, manquant -à trois reprises- d’intercepter le ballon alors que les Bruxellois marquent un peu chanceusement. Sur la remontée du ballon, Lionel Bosco secoue un peu Terry qui tombe au sol et obtient la faute. En se relevant, il lâche un sonore « everytime!« .

Un SU-PER-BE pick-and-roll entre Bojovic et Montgomery permet à l’intérieur américain de faire 38-36 sur un gros dunk. Liège provoque ensuite une perte de balle mais c’est maintenant Harris qui laisse échapper le cuir et Harrell sanctionne à distance. 38-39 et temps-mort liégeois à quatre minutes et dix-sept secondes de la fin de la première mi-temps. Au sortir de celui-ci, les Bruxellois sont en zone-press. Sur la défense suivante, Bojovic intercepte le ballon et file en contre-attaque. Il rate son lay-up mais Montgomery suivait bien et réalise une monstrueuse claquette-dunk comme on peut en voir dans les Top 10 de la NBA. Bosco rate à trois points mais Smith inscrit son lay-up.

Le ballon circule bien face à la zone du Basic Fit et Cebasek allume à trois points. Simmons lui répond de la même distance. Terry Deroover demande ensuite à Cebasek de profiter de son avantage de taille mais Jacob rate son petit hook. Milos rate son panier sur une superbe passe de son meneur mais Harris récupère le rebond offensif et obtient deux lancers-francs. Une formalité pour le shooteur aux dreadlocks qui fait 45-44. Il est remplacé par Lhoest alors qu’il reste une minute à jouer.

Ca switche sur les écrans, Loubry rate sa tentative après une offensive non-sifflée lors de laquelle le public se fait timidement entendre. Bojovic obtient deux tirs de réparation et Laurent Monnier prend temps-mort. Il reste vingt-trois secondes. Harris remonte sur le terrain erronément. Il doit attendre sur la chaise que Milos ait tiré ses deux lancers pour se substituer à lui. Milos dribble beaucoup avant de tirer mais il ne rate pas. Sur la dernière défense, Carl Montgomery cake violemment son opposant direct et récupère ensuite le rebond. Après vingt minutes de jeu, c’est 47-44. Liège est devant mais la victoire semble encore bien loin, la pièce donnant l’impression de pouvoir tomber d’un côté comme de l’autre.

 

 

Un public jeune

 

Durant les quinze minutes d’interruption, nous profitons d’aller prendre un peu l’air. Plusieurs groupes de jeunes (futurs supporters en puissance?) sont visiblement venus assister à la rencontre. Nous croisons Ignazio Casamento, qui livre une super saison avec Grivegnée. L’ambiance est chaleureuse dans la buvette.  Marie pour sa première fois au Country Hall, est favorablement surpris par l’enceinte liégeoise. « Par contre, j’ai l’impression que l’équipe bruxelloise est plus précise dans ses tirs et dans l’exécution de ses systèmes » regrette-t-elle.

Olivier Frédéric donne l’échauffement à des Liégeois que l’on devine concentrés. Les joueurs du Brussels se réunissent sur le terrain pour un conciliabule tandis Boris Pennick tape avec enthousiasme dans les mains de ses coéquipiers. Le match va recommencer et beaucoup de spectateurs n’ont pas encore rejoint leur siège.

 

 

Liège redémarre pied au plancher

 

Liège redémarre avec le même cinq de base que lors de l’entre-deux initial. Le Basic Fit rate son premier shoot tandis qu’Hazard score sur une passe de Terry. Carl Montgomery écope de sa seconde faute alors que Bosco marque tout seul dans le corner, c’est 49-47.  Hazard se prend lui aussi une faute. Laurent Constantiello n’est pas content et dit à l’arbitre que « c’est exactement les mêmes fautes que tu ne siffles pas de l’autre côté. » Le référé discute avec le coach liégeois -toujours bien de voir le dialogue entre les acteurs et les hommes en gris, c’est ainsi que cela devrait toujours se passer. Lichodzijewski fait une feinte des écoles et va inscrire un lay-up sans contestation. C’est l’égalité parfaite. Louis Hazard inscrit un panier difficile en pénétration et obtient le lancer-franc bonus, converti alors que les supporters bruxellois tentent de le déstabiliser en s’époumonant. Montgmory contre Simmons alors qu’en face Lio Bosco réserve un traitement de faveur à Terry qui rate sa pénétration.

Sur pick-and-roll, Simmons réduit l’écart. Terry provoque la faute sur un « hedge » bruxellois et est remplacé par Cebasek. Bosco, hyper rapide sur contre-attaque, redonne l’avance à ses couleurs. C’est 52 à 53. Mais Montgomery sert Bojovic à trois points, Liège repasse devant. Smith bloque Hazard au rebond, le banc liégeois hurle à la faute et semble visiblement frustré par l’arbitrage. Bruxelles marque, nouvelle égalité, 55 partout.

Montgomery surprend son monde en tentant sa chance derrière la ligne des 6,75 mètres. Bien joué de la part de l’intérieur américain qui convertit sa tentative (son premier trois points de la saison?). Liège a trois points d’avance et même six grâce à un 2+1 de Cebasek, particulièrement actif. Olivier Frédéric encourage les joueurs liégeois: « allez, allez! » et Bruxelles perd la balle sur un marché. Le banc applaudit et la sono crache des sons d’encouragement. Harris chope un gros rebond mais perd la balle. François Lhoest se bat comme un beau diable face à Peterson, à qui il rend dix centimètres et pas loin du double de kilos. Bojovic contre Harrell mais la balle revient à Smith qui marque. C’est 61 à 57 et Sacha Massot parle dans l’oreille de Laurent Costantiello. Grosse faute de Simmons sur Bojovic, les arbitres viennent lui parler. Milos convertit un de ses lancers-francs.

Scène surréaliste lors de la défense suivant puisqu’alors que Liège réclame un « trois secondes » car Peterson campe littéralement dans la raquette, l’arbitre informe l’entraineur liégeois qu’il ne sifflera que si le banc des locaux se tait. Bruxelles obtient un 2+1 mais ne marque pas le bonus, c’est 62 à 61 et il reste un peu plus d’une minute à jouer. Loubry sert idéalement Depuydt avant que Lhoest ne l’imite pour Cebasek dans le corner. Smith rate sa dernière tentative, c’est 65 à 63 en faveur des Liégeois et Boris Pennick scande « on est là, on est là!« .

 

 

Le moment de vérité

 

Terry, Bojovic, Cebasek, Franky et Montgomery débutent l’ultime période. L’intérieur américain tente un tir extérieur après un cross-over mais sa tentative échoue. De l’autre côté, Smith, oublié, ne se fait pas prier pour inscrire un triple. Bruxelles repasse devant. Bojovic se fait lourdement secouer, les arbitres modifient leur décision: anti-sportive. Milos loupe son premier lancer-franc et le kop bruxellois pas très sportif sur le coup, applaudit le raté du leader liégeois qui convertit le second. Lhoest, timide aux shoots, marque sur une belle pénétration, c’est 68 à 66 mais Smith récupère son propre rebond après avoir manqué sa cible et remet les deux formations à égalité. Cebasek plante à trois points et le speaker tonne « défense, défense!« . Depuydt réduit l’écart. Cebasek provoque une faute et Harrell remplace Smith pour le Basic Fit. Laurent Costantiello demande à Cebasek de profiter de son avantage de taille. Sur une contre-attaque à quatre contre un, Liège fait le mauvais choix: Bojovic sert Terry qui rate son tir à distance alors que les Bruxellois inscrivent deux points sur fast break dans la foulée. Franky sert Cebasek à trois points mais Peterson est tout seul et rétablit l’égalité: 74 partout.

L’entraineur des locaux demande un système spécifique, Lhoest récupère le rebond offensif mais rate son tir, Peterson, encore tout seul,  inscrit deux points avant que Bojovic ne rentre un gros triple. Liège est devant, 77 à 76, et nous rentrons dans le money time. Moment choisi pour Loubry pour inscrire une énorme trois points. Temps-mort de Liège après une -bonne- faute sur Peterson. Le public liégeois sort -enfin- de sa torpeur et se fait entendre. Tant mieux car les supporters du Basic Fit étaient en train de gagner la « bataille des gradins ».

Au sortir du temps-mort, Lhoest inscrit deux points en pénétration (contre illégal) mais doit à nouveau faire faute sur Peterson. L’intérieur du Brussels est en train de faire un chantier dans la raquette locale! Loubry donne trois points d’avance à ses couleurs après un triple consécutif à deux écrans sur le top. Cebasek, après un double rebond offensif, réduit l’écart. Terry sort et donne ses consignes à Cebasek, particulièrement en jambes ce soir.

Harrell fait air-ball et sur un magnifique give-and-go entre Lhoest et Bojovic, Liège repasse devant. Bojovic contre son opposant mais est sanctionné. Les Bruxellois ne tremblent pas, c’est 83 à 84 à un peu plus de trois minutes de la fin de la partie. Hazard et Cebasek ne se comprennent pas au rebond offensif et laissent échapper le cuir. Temps-mort dans la foulée. Le speaker harangue la foule. De retour sur le terrain, Harrell marque un lay-up après contact. Bojovic obtient deux lancers-francs mais les galvaude. Les visiteurs ont trois points d’avance. Peterson fait une offensive, Terry remonte au jeu à la place de Hazard, et Lhoest qui refuse le shoot, délivre un caviar -il en aurait donné quelques uns ce soir- à Cebasek dont le tir primé rentre « en floche ». Nouvelle égalité! Décidément, niveau suspens, nous sommes servis!

Laurent Monnier encourage ses joueurs: « let’s go guys« . Peterson prend un rebond offensif, Milos fait la faute. 2+1 pour le géant bruxellois et à nouveau trois points d’avance pour les visiteurs. Mais Cebasek ne semble pas prêt à abdiquer! Il prend un gros rebond offensif et score en post-up, 88-89 et une minute à jouer. Une jolie combinaison entre Depuydt et Peterson voit le pivot obtenir deux lancers et en convertir un. C’est 88 à 90 et Liège prend temps-mort. Terry semble particulièrement motivé tandis que l’entraineur des locaux montre un système sur rentrée sur sa plaque.

Mais, patatras! De retour sur le terrain, Milos Bojovic perd la balle en essayant de « crosser » Loubry. Les supporters bruxellois chantent « olé, olé« . Loubry rate son tir à distance mais Peterson prend le rebond -qu’est-ce qu’il en a pris!- et Harrell obtient deux lancers-francs. Il en marque un sur deux, c’est 88 à 91. Bruxelles fait faute sur Terry. Son entraineur lui demande de marquer et crie « ready to foul« . Le talentueux meneur rate le premier et convertit le second. Temps-mort bruxellois, il reste neuf secondes. Hazard fait directement la faute sur Loubry. Le meneur anversois, plein de sang froid, rentre ses deux tentatives alors que Lhoest et Hazard cèdent leur place à Deroover et Bojovic. Laurent Monnier s’époumone: « deny on Terry!« . C’est 89 à 93, Liège prend temps-mort avec huit secondes au chrono. De retour sur le terrain, Terry rate sa tentative à trois points, les carottes sont cuites, 89 à 93.

Liège s’incline au terme d’un match haletant et plein de suspens. Les mines semblent tristes dans les rangs principautaires même si de jeunes supporters viennent applaudir leurs idoles. Cette défaite fait mal au terme d’un quatrième quart-temps lors duquel Peterson aura pesé de tout son poids dans la raquette. Une victoire sépare désormais les deux équipes. Malgré le beau spectacle proposé, la déception est légitime. Caramba, encore raté!