Verviers ou l’éternelle procession d’Echternach

Les Carnets du basketteur, saison 2! En près de quarante ans de carrière, Michel Christiane a accumulé une kyrielle de souvenirs et d’anecdotes. De Fond-de-Forêt à Barcelone. Cette fois, notre sémillant chroniqueur se penche sur la problématique de la salle du Collège Saint-Michel et d’autres péripéties du même acabit ainsi que sur l’ancien « tournoi de Pentecôte » d’Esneux.

Récemment, un membre influent et particulièrement au courant de la problématique à la fédération me confiait : « Il semble hors de question que SFX/Saint-Michel puisse évoluer, en TDM 2, dans sa salle actuelle. On accorde parfois des dérogations, mais cette hypothèse n’est guère envisageable dans ce cas précis vu notamment le manque de gradins et de recul derrière les panneaux. »

En fin de semaine, les responsables du club évoquaient un changement de dénomination (BC Verviers St-Michel) ainsi qu’un éventuel déménagement à l’Athénée (centre-ville) ou le départ dans une infrastructure en périphérie. Voilà qui me rappelle un épisode en disant long sur la manière d’agir si spécifique en bord de Vesdre…

Hiver 2016, VIP de Liège Basket : Alain Defays, conseiller provincial et, surtout, représentant principautaire du ministre Collin me met la puce à l’oreille. « Je me rends prochainement à St-Michel car il est probable que l’équipe première investisse bientôt le hall omnisports de l’Athénée Thil Lorrain », me glisse le Sprimontois tout en me demandant de rester discret sur le sujet. Blocus que je respecte à la lettre. Samedi, 6 février 2016, les Collégiens reçoivent les Namurois de Beez devant, entre autres, Muriel Targnon (bourgmestre), Alain Defays (comme prévu) et Bernard Jérusalem, préfet de l’athénée. A mon départ, ce dernier m’interpelle, me remercie de mon silence, me donne tous les détails de l’opération en cours tout en m’en promettant l’exclusivité lorsque les accords seront signés. Et, le lundi, un quotidien de la place aux origines jésuites bien ancrées dévoile l’ensemble du dossier en question. Comme quoi, l’honnêteté n’est pas toujours – voire jamais – une qualité première dans le métier…

En résumé, l’aire de jeu envisagée serait dotée d’un nouveau parquet, d’un éclairage renforcé et d’une tribune de plusieurs centaines de places. Encore faut-il trouver un motus vivendi avec le cercle de volley qui y joue depuis des lustres. Fumée blanche néanmoins quelques mois plus tard quand Claude Orban, l’échevin des sports de l’époque, annonce que tout est réglé et que les « Jaune et Noir » pourront y entamer le championnat 2018/2019. « Après divers aménagements techniques », selon ses termes. Mais, début janvier ’18, énième rebondissement : l’affaire capote alors que le président Géron et les siens indiquent qu’ils préfèrent privilégier l’amélioration ( ?) du « mouchoir de poche » du vénérable institut de la place du Martyr. Partant du principe qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, voici donc que l’hypothèse d’un déménagement à « Thil Lorrain » refait à nouveau surface. Prochain épisode de cette véritable saga, cette semaine au travers de l’entrevue prévue avec le nouvel échevin des sports.

A Verviers, on vit au rythme d’une éternelle procession d’Echternach : trois pas en avant et deux en arrière. Tant au niveau social, économique que sportif. Et ce, depuis l’arrivée au pouvoir d’un bourgmestre qui est pourtant un passionné de basket.

On s’en voudrait de conclure sur une note aussi déprimante. Alors, cette anecdote de circonstance : pendant des années, Esneux a organisé un important « Tournoi International de la Pentecôte ». Evènement qui avait engendré ce dicton typiquement local : « Il y fait toujours un jour beau et l’autre moche ». Parmi les habitués de l’Alfa et de ses environs immédiats, on retrouvait l’équipe – aussi sportive que festive – de Pont l’Evêque, bourg normand réputé pour son fromage. Mais également pour sa formation des jeunes. Le club du Calvados « enfanta » ainsi Marine Johannes, l’extraterrestre du basket féminin français et future équipière de Julie Allemand à Lyon. Sans oublier Nicolas Batum qui évolue en NBA (Portland) en compagnie d’un certain Tony Parker. Pas mal pour un village d’à peine… 4400 âmes.

Michel CHRISTIANE